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GUNTHER LOVE, After Hour Athlete

Pour me faire pardonner de ce long mois de silence. Je vous offre non pas l’interview de Gunther Love mais bel et bien l’intégralité de notre discussion (les blagues pourries en moins et le tutoiement en plus, car Gunther est un mec si cool que tu peux le tutoyer allègrement en dépit de ta déontologie journalistique). Celle-ci complète l’interview de Gunther que vous trouverez dans le numéro 28 de Dedicate, actuellement en kiosques ! (oui, une bien belle Beth en couverture d’ailleurs…)

MEETING GUNTHER LOVE… AFTER HOUR ATHLETE

Double champion du monde de air-guitar, entertainer, DA du 114, Gunther court le marathon du kiff avec l’assurance de terminer toujours premier. En parfait athlète de la nuit, il nous ouvre les portes du 114 et nous fait partager ses petits bonheurs à la fois simples et rock’n’roll… à son image.  

Qui étais-tu avant de te métamorphoser en Gunther Love ?

Sylvain, la même personne je crois ! Sauf que je n’étais pas obligé de porter la moustache 24/24.

Quelqu’un de beaucoup moins drôle aussi ?

Mais non, j’ai passé ma vie à me fendre la gueule ! Avant de faire cette erreur de parcours, j’étais un comédien, tout ce qu’il y a de plus normal.

Tu es parisien ?

Je suis né à Paris, je suis allé habiter à Chelles en banlieue parisienne pendant 20 ans et je suis revenu à Paris il y a 6 ou 7 ans, pour faire une école d’art dramatique.

Comment est né Gunther ?

Je tournais des publicités pour Puma aux Eurockéennes de Belfort. C’est là que j’ai rencontré les deux air-guitaristes Château Brutal et Moche Pitt des Airnadettes. Intrigué par les personnages, je suis allée voir leur spectacle et là, grosse barre de rires ! Je ne m’étais jamais autant marré de ma vie. Toujours à Belfort, j’ai eu un accident, je me suis ouvert la tête sur un rocher en sautant dans le lac. À la sortie de l’hôpital, j’ai passé une soirée avec Château Brutal et Moche Pitt. À cinq heures du matin, j’étais toujours debout et les gars avaient décidé de m’inscrire au championnat de air-guitar. Le matin, j’avais trouvé mon nom : « Gunther », en référence au personnage sanguinaire que je jouais dans une Opéra de Wagner, et « Love » pour adoucir un peu le tout. Tout part d’une blague…

Tu te lances donc dans le air-guitar, en loisir d’abord ?

Pire qu’en loisir ou qu’en hobby : en délire ! J’ai gagné les championnats de France d’abord et suis parti représenter la France en Finlande. J’ai compris que c’était en fait une vraie compétition avec  des règles très strictes. Au championnat du monde, face à 30 pays représentés, je gagne.

Tu t’étais beaucoup entraîné pour cela ?

Pas du tout. J’étais sûr que j’allais gagner. J’étais un enfant du rock’n’roll, j’avais eu un groupe pendant 10 ans, j’ai tourné, toujours travailler dans la musique… c’était un truc pour moi. Je savais que j’allais gagner d’ailleurs, c’est pour ça que je m’étais habillé en doré !

Quel souvenir as-tu de cette finale mondiale ?

Il y avait toute la presse du monde entier. Toujours dans la blague, je me suis retrouvé à répondre à des questions très sérieuses, du genre « alors ça fait quoi d’avoir gagné le titre de champion de air guitar ? ». Je rentre le samedi en France et clôture le 20h de Claire Chazal le soir-même. Moi qui, deux mois plus tôt, passais un peu pour le guignol qui faisait de la guitare imaginaire sa passion de geek. C’était durant un été où aucun français n’avait décroché de médailles au championnat du monde d’athlétisme. Je suis alors devenu une sorte de semi-fierté nationale en 2009. Et bim, en 2010, rebelote : je remporte à nouveau les championnats du monde.

Alors Stade 2 vous dédie un numéro spécial ?

Mais attend, Libé a fait une couv’ tout à fait sérieuse dessus, je me retrouve à la une du New York Times et du Herald’s Tribune. Cela devient quelque chose de très sérieux dans les médias à tel point que je me retrouve à répondre à des interviews pendant deux ans, à arriver dans mon costume doré de Gunther et à raconter des histoires complètement tordues. Par exemple, je raconte que j’ai été élevé dans un monastère ou abandonné sur le périph’, ce qui valut à mes parents des lettres d’insultes !

Tu rejoins donc la troupe des Airnadettes…

Oui, c’est un peu à cause d’eux que j’en étais arrivé là ! (rires) Je leur ai fait profiter de ma médiatisation et eux, ont m’aidé à performer dans un format plus complet.

Vous tournez d’ailleurs dans une air-comédie musicale actuellement ?

Oui, tout est parti d’une tournée aux Etats-Unis l’an dernier. On a croisé Matthieu Chedid, alias « M » à Los Angeles. Il nous a booké en première partie de son concert à Bercy. Pendant trois soirs, on a joué devant 17 000 personnes et on a eu le déclic. Nous aussi, on a imaginé raconter notre histoire dans une comédie musicale, celle d’un groupe parti de rien, qui fait toujours rien, si ce n’est le tour du monde ! (rires)

En parallèle de la comédie musicale, tu as pris la direction artistique du 114 l’été dernier, comment s’est déroulé ton recrutement ?

J’organisais des soirées au Bus Palladium et un de mes premiers jobs a été d’être programmateur. Le directeur du bar m’a proposé ça et c’est alors que Puma a voulu se joindre à nous. Vu que j’avais déjà travaillé avec eux, cela m’a paru assez logique… c’est donc devenu le bar des athlètes de la nuit. Il s’agit du premier bar sponsorisé par une marque d’ailleurs !

Tu as carte blanche ?

Tout à fait, je vais tout ce que je veux. C’est pour cela que les soirées du mercredi soir sont complètement vrillées.

Qu’est ce qui marche bien en ce moment ?

Les soirées Kara Yaourt. On fait venir un groupe et on demande aux participants de chanter en « yaourt », c’est à dire en mauvais anglais imprégné d’accent français. Cela permet de décomplexer un peu les gens sur leur niveau d’anglais. Le jury, composé du DA du Bus Palladium, d’un journaliste de Télérama ou du manager de M, prend son rôle très au sérieux, qui jugeront s’ils croient à la chanson ou si la prestation a été minable. On fait aussi des battles de danse avec un niveau pitoyable bien sûr, les danseuses du Lido sont venues nous défier. Idem pour notre baby-foot géant, où le XV de France a affronté les Airnadettes.

Du Air Sex aussi ?

Oui, mais c’était plus une humiliation, un gage pour ceux qui perdaient au babyfoot, car c’est pas très drôle finalement le Air Sex, c’est un peu pour les frustrés et pas gratifiant.

Quelle est la place de la musique dans le 114 ?

On organise très souvent des lives et on donne carte blanche à des artistes dès qu’on peut. Principalement rock, mais ce n’est pas tant la musique qui est « rock », plutôt la démarche. J’aime bien par exemple les groupes de hip hop qui ont, dans leurs paroles ou leur démarche artistique, un truc rock. Le 114, c’est plus un esprit qu’un style musical propre.

L’entrée est gratuite au 114, est-ce une volonté de la maison ?

Oui, l’entrée restera toujours gratuite et on ne veut pas faire de liste. Quand il y a un super groupe qui vient le jeudi, si tu es un vrai fan tu viens tôt. C’est trop facile les mecs qui se pointent à 23h  car ils sont sur la liste, sans avoir assisté au concert et qui ont, qui plus est, empêché pleins de gens de rentrer. Premier arrivé, premier servi. On est un peu le Samu Social du kiff.

C’est l’expérience qui parle ?

Oui, il y a pleins de clubs dans cet esprit « on-se-regarde-de-la-tête-aux-pieds ». On s’est forgé une clientèle très hétéroclite mais qui se réunit par leur passion de la musique. Je suis très content du public du bar…

La capacité est-elle grande ?

180-200 personnes. Ça se remplit assez vite du coup….

Qui avez-vous reçu comme invités ?

Dj Pone, Adam Kesher, Stuck in The Sound, M qui est venu faire un concert privé et surprise un lundi soir… Michel Gondry qui s’est mis à la batterie aussi un soir…

Comment est-ce que tu attires ces groupes pour qu’ils viennent jouer au 114 ?

La plupart sont venus pour boire des coups et se sont sentis bien au 114, du coup cela s’est fait naturellement ensuite… Les artistes se sentent bien aussi ici. L’autre jour par exemple, on a reçu l’after show de Lana Del Rey. Contrairement à ce que j’avais pensé, elle est venue. Au début, elle s’est mise dans un coin du bar puis se sentant à l’aise ici, elle a commencé à se mélanger aux gens.

Tu l’as invité à ta boom alors ? Justement, d’où t’es venue cette idée régressive ?

Tous les derniers samedis du mois, je demande à tout le monde de venir habiller comme en primaire et de venir tôt, car leurs parents devraient venir les chercher à minuit. Chaque mois, j’organise à cette occasion les championnats de France de chaise musicale. Si possible avec un vrai groupe qui fait des reprises et s’arrête brusquement de jouer ! Il y a des quarts d’heure américains de fous furieux aussi… avec des concours de pelles. C’est assez dingue.

Peux-tu nous donner en exclusivité quelques infos sur les prochaines soirées que tu as imaginé pour le 114 ?

J’ai booké pas mal de grosses têtes d’affiches, mais je ne veux rien dire pour l’instant. On lâchera le nom une heure à l’avance, car ça risque d’attirer beaucoup de monde. Il faudra suivre l’actualité sur Facebook.

Histoire de faire un peu de psychologie de comptoir, avais-tu un traumatisme lors d’une boom pour avoir envie d’organiser des soirées adultes ?

Et bien non, au contraire. J’ai toujours été de toutes les booms, j’étais même invité à des pyjamas parties réservées aux filles. J’étais peut être prédestiné à être gay… mais non, je suis hétéro et je crois que c’est toutes ces fêtes qui m’ont donné envie de voir des gens s’amuser et se marrer.

Tu sors toi-même beaucoup je suppose…

Je disais justement à un journaliste qui me posait la question « où sors-tu à Paris ? » que j’ai l’impression de sortir… quand je rentre chez moi ! Je suis tellement tout le temps dehors que quand je rentre chez moi, j’ai l’impression de découvrir un endroit, je me dis « wahou, c’est chouette ici ! »… car je découvre !

Qu’est ce qui t’énerve le plus dans le milieu de la nuit ?

Je trouve cela dommage quand des gens sortent mais ne se parlent pas et finalement ne s’amusent pas vraiment, car ils sont trop occupés à se mater de la tête aux pieds. Je n’aime pas aussi les mecs branchés, ceux qui se contentent de « paraître ».

Que réponds-tu à ceux qui te colle une étiquette de mec branché justement ?

Si porter une chemise boutonnée et une moustache veut dire être branché ou être un hipster alors si tu veux. Mais je suis acteur à 100% aussi, je bouge à des expos, je vais voir des concerts, j’en parle autour de moi… oui, dans ce sens-là, je me considère comme ouvert et aussi acteur dans ce milieu culturel.

Quel est ta récompense en tant que DA du 114 ?

Ma récompense, c’est quand le bar est blindé et qu’on doit refuser du monde, non pas parce qu’ils ne correspondent pas au lieu mais parce qu’on ne peut pas pousser les murs, et quand ils reviennent la semaine d’après plus tôt et rentrent. Je les recroise et voient qu’ils ont la banane jusqu’à 4h du mat donc ouais, ça me fait plaisir !

Tu t’imaginais un jour prendre les rênes d’un bar ou travailler la nuit ?

Oui, j’ai toujours fait en sorte que les gens se marrent. J’ai toujours eu la vanne facile pour que les gens pètent un peu dans le smoking et s’amusent. Plus je vieillis, plus je m’évertue à faire en sorte que les gens se rencontrent, rigolent ensemble et s’amusent sincèrement.

Qu’est-ce que tu te dis quand tu rentres chez toi ?

J’aime aussi rentrer chez moi avec l’impression d’avoir rencontré des gens cools que je reverrai… mais je ne pensais pas que cela deviendrait mon métier de fédérer les gens autour du kiff. C’est marrant car je disais avant que j’étais « champion du monde de kiff » et que je « dealais du love ». J’en suis pas si loin… mais ce n’est pas fabriqué, c’est spontané et sincère.

Dernier compliment de soirée que l’on t’a adressé ?

Un mec très connu des nuits parisiennes dont je tairai le nom, m’a envoyé un texto le lendemain de la soirée d’inauguration du 114 en me disant : « Enfin un lieu qui amène un peu de Londres à Paris ! ».

Ta qualité principale en soirée ?

Je parle beaucoup et j’adore parler avec pleins de gens en soirée. Je suis pas très autocentré, j’aime bien m’intéresser aux gens en général.

Ta dernière nuit blanche ?

Avant-hier. Je suis allé au 114… (rires)

Qu’est ce que tu fais quand tu ne fais rien ?

Des crêpes ou… je regarde des clips. Je regarde aussi les Papas du rock sur MTV… mais c’est rare car je suis hyperactif et je fais toujours quelque chose. Je dors quand je ne fais rien.

Des clubs qui t’ont marqué, en France ou ailleurs ?

L’endroit que j’affectionne le plus est le plus petit bar de Londres, équipé d’un juke-box à vinyles, le Spanish Bar. Mais il y a pleins de clubs où je n’ai plus le temps d’aller. Je ne suis jamais allé au Silencio encore et je n’ai plus le temps d’aller au Tigre. Mais en général, j’aime les petits endroits rock sans prétention.

Où une bonne nuit se termine ?

Sur le marché, à acheter du pâté de campagne avec du pain tout chaud, tout juste sorti du four.

Un conseil à prodiguer aux athlètes de la nuit ?

Se tapisser le ventre avec des pâtes avant de sortir et ensuite, s’envoyer un Schweppes tous les deux verres d’alcool

Et le lendemain ?

Une bonne partie de sexe, pour drainer un maximum.

Ta playlist du moment ?

Sarah W. Papsun, un groupe parisien de post-rock, le dernier album de Stuck in the Sound, le premier album de Metronomy, Whitest Boy Alive, c’est pas nouveau mais j’adore…

Une musique pour vider le bar ?

Laurent Voulzy, mais là je pense que je me fais menotter par la police de la nuit.

Si tu avais carte blanche pour organiser la nuit la plus folle… que ferais-tu ?

Je vais me coucher à 20h. (rires). Si j’ai du budget, je voudrais louer un karting et faire une soirée Mario Bros avec tous les costumes du jeu video, des décors de dingues, des vrais peaux de banane pour le circuit.

Pour conclure sur une note « people », où peut savoir ce que tu nous concoctes pour ton mariage ? (ndlr. Gunther Love va épouser la meuf la plus cool de la terre -après moi, c’est évident- Daphné Bürki) 

La soirée est déjà dans la boîte. Ce sera un mariage très rock’n’roll mais je n’en dirai pas plus…

Le 114 by Puma Social, 114 rue Oberkampf, 75011 Paris

Page Facebook du 114

interview: Pauline Lévignat, tous droits réservés sous peine de poursuites et paiements d’amendes en magnums de champagne  

Photos : Droits Réservés 

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